LE TRAVAIL DU CUIVRE

Le travail du cuivre illustre l’ingéniosité et la créativité des artisans marocains. Alliant utilité domestique, valeur esthétique et symbolisme culturel, il constitue un héritage immatériel majeur et un secteur économique porteur. Sa préservation et sa modernisation sont essentielles pour assurer sa transmission aux générations futures et renforcer son rayonnement international.

Origines et histoire

 
Le travail du cuivre est l’un des métiers artisanaux les plus anciens du Maroc. Hérité des traditions phéniciennes et andalouses, il s’est développé dans les grandes villes impériales, où le cuivre rouge et jaune a été utilisé pour fabriquer des ustensiles domestiques, des instruments de musique et des objets décoratifs.
Dès le Moyen Âge, les ateliers de cuivre (naqachine) étaient intégrés aux médinas, notamment à Fès, Marrakech et Meknès, où les artisans façonnaient à la main des objets destinés aux palais, aux mosquées et aux foyers urbains.
 

Géographie et pôles de production

 
Fès : capitale historique du cuir, réputée pour ses tanneries médiévales et son artisanat raffiné.
 
Marrakech : production de babouches, ceintures et articles de mode en cuir, vendus dans les souks et exportés.
 
Fès-Meknès et Rabat-Salé : centres secondaires de production artisanale, notamment pour la maroquinerie.
 
Essaouira et Agadir : spécialisées dans les articles combinant cuir et bois (coffrets, décorations).
 

Techniques et savoir-faire

Le travail du cuir repose sur plusieurs étapes artisanales :
 
Tannage : trempage, épilation, séchage et coloration des peaux (chèvre, mouton, vache, dromadaire).
 
Teinture : utilisation de pigments naturels, donnant aux cuirs marocains leurs teintes caractéristiques (ocre, rouge, bleu, vert).
 
Fabrication : découpe, couture et assemblage pour produire chaussures, sacs, poufs, ceintures, portefeuilles et accessoires divers.
 
Ornementation : gravure, broderie et incrustations, conférant aux produits leur valeur artistique et décorative.
 

Importance socio-économique

Économique : le cuir et la maroquinerie représentent une activité génératrice de revenus pour des milliers d’artisans et coopératives. Le secteur alimente à la fois le marché local (souks, marchés touristiques) et l’exportation.
 
Touristique : les tanneries de Fès et Marrakech figurent parmi les principales attractions touristiques du Royaume, renforçant la notoriété du Maroc comme destination artisanale.
 
Sociale : le secteur emploie de nombreuses familles artisanes, tout en favorisant la transmission intergénérationnelle du savoir-faire.
 
Commerciale : la maroquinerie marocaine est fortement présente dans les foires internationales et bénéficie d’une demande croissante, notamment en Europe et au Moyen-Orient.

Enjeux et perspectives

Modernisation : la filière doit évoluer pour répondre aux normes de qualité internationales (design, durabilité, standardisation).
 
Environnement : nécessité de moderniser les tanneries et de réduire l’impact écologique des procédés traditionnels.
 
Export et compétitivité : renforcer la présence des marques marocaines sur les marchés extérieurs grâce à des labels de qualité (« Label Maroc ») et à l’innovation design.
 
Développement local : valoriser davantage la filière via des coopératives modernes et encourager l’intégration des jeunes artisans dans le secteur.