La Dakha

La Dakha est une expression musicale et rituelle saharienne, profondément enracinée dans la culture du sud marocain, notamment à Laâyoune, Guelmim et Tan-Tan. Héritée des traditions tribales et militaires, elle associe tambours puissants et sons de hautbois, créant une atmosphère solennelle et vibrante. Elle a longtemps rythmé les rassemblements communautaires, les cérémonies religieuses, ainsi que les moments de mémoire et de fierté collective dans les sociétés sahariennes.

Origines et histoire

La Guedra est une danse rituelle saharienne, pratiquée dans les régions de Guelmim, Tan-Tan et au-delà dans les confins du Sahara. Son nom provient du tambour en terre cuite recouvert de peau de chèvre, appelé guedra, qui rythme les chants et mouvements. Héritée des traditions nomades et des pratiques spirituelles des tribus sahraouies, cette danse a longtemps été associée aux rituels de bénédiction, de solidarité et de protection.

Géographie et pôles de pratique 

Laâyoune : capitale symbolique de la Dakha, où elle est au cœur des grandes fêtes et commémorations.

Tan-Tan : associée au Moussem international de Tan-Tan, inscrit par l’UNESCO, où la Dakha constitue un moment phare.

Guelmim et Smara : hauts lieux de préservation de cette musique militaire et rituelle, portée par les tribus locales.

Techniques et savoir-faire

La Dakha repose sur une mise en scène musicale et corporelle codifiée :

Tambours (tbel) : frappés en rythme pour donner puissance et cadence.

Hautbois (ghaita ou zurna saharienne) : produisent des sons intenses et prolongés.

Formation militaire : les musiciens et chanteurs se disposent en rangs, renforçant l’aspect martial et solennel.

Chants collectifs : alternance entre voix masculines et percussions, créant une intensité spirituelle et communautaire.

Rôle culturel et social

La Dakha n’est pas seulement une musique, mais un symbole :

Rituel identitaire : elle exprime la force, l’unité et la discipline des communautés sahariennes.

Commémorations et fêtes : pratiquée lors des mariages, des cérémonies religieuses et des grandes rencontres tribales.

Patrimoine immatériel : la Dakha est un marqueur culturel unique, véhiculant mémoire, spiritualité et cohésion sociale.

Importance socio-économique

Tourisme culturel : la Dakha attire chercheurs, visiteurs et amateurs de musiques du monde, particulièrement lors du Moussem de Tan-Tan.

Transmission intergénérationnelle : perpétuée par les anciens, elle assure la continuité des valeurs communautaires.

Rayonnement international : de plus en plus valorisée dans les festivals nationaux et internationaux, elle contribue à l’image culturelle du Sahara marocain.

Enjeux et perspectives

Préservation : face à la modernisation, la Dakha nécessite un appui institutionnel pour protéger ses codes originels.

Valorisation : intégration dans les festivals internationaux pour en faire un ambassadeur culturel du Maroc.

Transmission : encourager l’apprentissage auprès des jeunes générations afin de garantir sa pérennité.

Innovation raisonnée : tout en respectant l’authenticité, une ouverture à des collaborations artistiques contemporaines peut renforcer sa visibilité.